Le gaillet gratteron, une plante sauvage comestible

Crédit photo : CC Daniel

Les paysans le haïssent. Les jardiniers le détestent. Et les randonneurs, leurs lacets tout emberlificotés, ont parfois du mal à l’aimer. Autant le dire : cette plante envahissante à de nombreux détracteurs… Pourtant, le gaillet gratteron cache un paquet de secrets : comestible, on peut même en faire son propre café. Et pour ceux qui cherchent à faire une cure de vitamines C, c’est la plante toute trouvée.

Description du gaillet gratteron

Les tiges ont la particularité d’être carrées, peuvent mesurer jusqu’à 2 m de longueur et s’élever à 1 m de hauteur. La partie souterraine est, quant à elle, très courte et particulièrement frêle. Si bien que la plante s’appuie sur la végétation alentour pour grandir. Les feuilles, petites, de formes ovales pointues et allongées, sont regroupées par paquet de 6 ou 9. Vraie spécificité du gaillet gratteron : les feuilles comme les tiges sont recouvertes de petits aiguillons recourbés permettant à la plante de s’accrocher aux autres végétaux afin de grimper. Les fleurs, enfin, fleurissent de mai à septembre, disposent de quatre pétales blancs et pointus, et sont structurés en petites grappes.

Lieu de cueillette

Le gaillet gratteron, plante comestible, a l’avantage d’être particulièrement commun en France. Présent dans toute l’aire eurasiatique dont il est originaire, on le retrouve toutefois aux quatre coins du globe. On peut le croiser aussi bien en bordure ou au milieu de champs que dans des broussailles, des haies ou des jardins. Il pousse, par ailleurs, jusqu’à 1 000 m d’altitude. À noter qu’il aime les sols azotés, riches en matière organique animale et végétale, ainsi que les terres argileuses et humides.

Classification du gaillet gratteron

  • Ordre : Rubiales
  • Famille : Rubiaceae
  • Genre :  Galium
  • Nom botanique : Galium aparine
  • Autres noms : grateron, rièble, gratte-langue, saigne-langue, herbe collante, gaillet accrochant, anis sucré…

Parties comestibles du gaillet gratteron

Parfaitement comestible, quasi tout se mange dans le gaillet gratteron (fleurs, tiges et fruits). Mais, parce qu’il y a un mais et même plusieurs, faut-il encore choisir sa période. En effet, le côté rugueux de cette plante, avec ses innombrables crochets, limite votre fenêtre de tir. Il faut donc se diriger de préférence vers les jeunes pousses, bien tendres, au début du printemps. Vous pourrez les manger crues comme cuites. Par ailleurs, une fois la floraison engagée et au cœur de l’été, le gaillet gratteron devient filandreux. Pas la peine d’y toucher. Enfin, si vous tentez de « déguster » telles quelles des tiges plus anciennes, les appellations saigne-langue et gratte-langue vous donnent d’ores et déjà un aperçu de ce qui vous attend… En peu de mots : plus les pousses sont jeunes, mieux c’est.

Recettes possibles

Le gaillet gratteron a un goût plutôt neutre qui le prédispose à être mélangé avec d’autres aliments. Comme la plupart des plantes comestibles, il s’accommode fort bien en salade, éventuellement avec des fruits. Cuites, les jeunes pousses entreront avantageusement dans la composition d’un gratin, d’une quiche ou d’une omelette. Mais la soupe reste, évidemment, une valeur sûre. 

Si vous n’avez sous la main que de vieilles pousses, il vous reste une alternative : vous pouvez les mixez et filtrer le tout pour vous en servir dans la composition de smoothies. Les fleurs, du fait de leur taille, seront surtout ornementales et ajouteront donc un côté créatif et élégant à vos plats.

Pour l’anecdote, le gaillet gratteron est de la même famille que le caféier : ses fruits peuvent donc servir à créer son propre café. Stylé mais laborieux. Tout petits, il faut vraiment en récolter des paquets… Ne vous restera alors qu’à les faire rôtir puis à les moudre.

Vertus du gaillet gratteron

Si vous avez besoin de faire une cure de vitamines C, le gaillet gratteron vous tend les bras. De l’intérêt de le déguster en smoothies : tonus assuré ! Mais il vous réserve d’autres surprises dont seule la nature a le secret. Connu pour ses propriétés diurétiques, il est un bon allié pour éviter la rétention d’eau et éliminer les calculs. Vous reins vous disent merci. Il vous aidera aussi à retrouver un foie détoxifié. Certains l’utilisent même, en cataplasme, pour ses vertus cicatrisantes.

Crédits photo : CC Magnus Hagdorn / bramblejungle / Marianne Perdomo / Harry Rose / Andreas Rockstein