Aerobeche, biofourche… vos alliés pour un sol travaillé avec respect

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Travailler un sol, l’aérer sans bouleverser la vie qui s’y trouve, est un travail de longue haleine, une œuvre de minutie. Si certains optent pour un motoculteur pour labourer leur lopin de terre, ces outils ont l’inconvénient de bouleverser les micro-organismes qui font la richesse du sol. L’aerobeche, quant à elle, permet un travail respectueux de l’environnement tout en évitant de passer sa journée plié en deux. Finis donc les maux de dos dus à l’usage de votre bonne vieille bêche ou de votre fourche. Explications sur cet outil ingénieux. 

Aerobeche, biofourche, quésaco ?

Vous voyez sans doute à quoi ressemble une grelinette. Non ? Bon, séance de rattrapage pour ceux qui l’ignorent. C’est une fourche munie d’une série de dents, 3 à 5 dents la plupart du temps, qu’il s’agit d’enfoncer verticalement dans votre terre. Mais là où réside le côté génial de cette invention, brevetée en 1964, c’est dans son double manche. Il vous permet de tirer sans avoir à courber l’échine. Ce n’est plus le bas de votre dos et vos lombaires devenus douloureux avec le temps qui s’activent mais vos bras uniquement. Qui plus est, contrairement à une motobineuse qui brasse la terre profondément, la retourne, la grelinette ne fait que l’aérer. Elle est donc respectueuse des écosystèmes. Mieux encore : elle leur apporte l’oxygène nécessaire à leur développement. Du pain béni pour votre potager.

L’aerobeche et la biofourche sont, à peu de chose près, la même chose qu’une grelinette. La seule différence réside dans la présence, à l’occasion, d’une barre de force. Elle vous permet, lorsque vous plantez les dents de l’outil dans le sol, de réaliser ce mouvement plus aisément. On peut donc, au risque d’une très légère imprécision, considérer qu’aerobeche, biofourche et grelinette sont un seul et même outil. Les premières étant une imitation de la troisième. Faut-il toutefois ajouter que les aerobeches peuvent présenter un avantage et un inconvénient par rapport aux grelinettes : parfois fabriquées en Chine, elles sont moins onéreuses mais aussi moins solides

Le nombre de mots pour nommer une grelinette est tout bonnement ahurissant. Pêle-mêle, on retrouve : bioculteur, aerofourche, fourche-bêche, biobeche, biofourche, actibeche, biogrif, aerabeche…

Les principaux avantages d’une biofourche

  • La facilité d’emploi. Lorsque vous décompactez votre potager avec une fourche ou une bêche, vous effectuez quatre mouvements (piquer, décoller la motte, la soulever puis la retourner). Avec une biofourche, ce nombre se réduit à trois (piquer, incliner puis relever l’aerobeche en la faisant glisser). Un gain de temps et d’énergie plus qu’appréciable. D’autant plus que le mouvement le plus laborieux a été supprimé. Par ailleurs, elle ne nécessite pas de disposer d’une force surhumaine. Loin s’en faut : avec ses deux manches, bien long, l’effet de levier est redoutable.
  • Le respect de la terre. Nous vous le disions en préambule, avec l’aerofourche, le sol est aéré sans être pour autant retourné. C’est crucial. En effet, un labour profond tend à bouleverser l’équilibre biologique du sol. Les jardiniers savent aussi que cette opération d’aération est essentielle : un sol trop dense, compacté, ne permet ni aux végétaux ni à la faune du sous-sol de s’éployer convenablement. Pour cause, à défaut d’air, ils s’asphyxient. Et, du fait du manque d’eau peinant jusqu’à parvenir aux racines, les plantes tendent à se dessécher. L’aerobeche permet de pallier ces deux écueils.
  • La posture à l’effort. Quand on aime son jardin, on le bichonne. Parfois au détriment de sa propre santé. Pour ainsi dire, on s’y donne corps et âme. A fond. L’aerofourche ne change rien de cette dynamique, mais lui confère un moyen pour se faire moins mal. Aux grands maux, les bons outils ! Le design anti-mal au dos de l’aerobeche vous permet donc de continuer votre tâche sans vous soucier de votre posture. Automatiquement, l’usage intuitif de cet objet vous pousse à rester droit. Les manches font travailler vos bras de façon naturelle. Et jamais vous n’aurez besoin de soulever l’aerobeche. Résultat ? C’est bien moins fatiguant que de s’enquiquiner avec sa bêche et de multiplier les pelletées de terre.
  • La vitesse de travail. Vous pensez que vous irez plus vite avec un motoculteur ? Ce n’est pas totalement vrai, pour ne pas dire, même, qu’il s’agit d’une idée reçue : avec celui-ci, vous serez obligé de multiplier les allers-retours. Et si vous tentez la comparaison entre une aerobeche à une bêche, autant vous dire que vous ne serez pas déçu. En moyenne, le travail est effectué… cinq fois plus vite avec une biofourche. Tout de même !
  • La fin des mauvaises herbes. Avec son mouvement spécifique, l’aerobeche va les déraciner. Il ne vous reste plus qu’à y adjoindre, dans un second temps, un passage au croc. Cela vous permettra d’enlever la partie aérienne de la plante. Si bien que, la dissociant de ses racines, celles-ci vont rester seules en terre et se décomposer. Un véritable apport pour votre sol. Comme quoi, même les mauvaises herbes peuvent avoir du bon.

Les meilleures aerobeches et biofourches

Voici quelques modèles d’excellente facture. Une petite sélection de ce qui se fait de mieux selon Lagertha. Toutefois, on ne peut que vous conseiller de vous déplacer directement en magasin pour avoir un premier aperçu de l’outil. De vous familiariser avec son poids, de vous faire conseiller aussi sur les bons gestes à tenir. 

5 dents

Biogrif de Leborgne

Avec une largeur de 50 cm pour un poids total de 5,2 kg, cet outil est le plus polyvalent de cette sélection. On vous le recommande.

4 dents

Aerofourche de Vivre mieux

Plutôt légère, pour une largeur de 39 cm, c’est un outil puissant. Cependant, on sent qu’on a affaire à du matériel d’entrée de gamme. Attention aux mauvaises surprises !

5 dents

Bioculteur de Mermier

Excellent produit, solide, lourd aussi (4,6 kg), qui s’adaptera à tous les sols hormis les plus récalcitrants comme une terre argileuse.

Les (rares) inconvénients d’une aerobeche 

  • Le prix. C’est là que le bât blesse… Si vous pouvez trouver des entrées de gamme entre 60 et 80 €, un produit correct chiffre rarement en deçà de la barre des 100. Une somme rondelette. Toutefois, ce prix reste à des années lumières de ceux pratiqués pour les motoculteurs. Et si vous êtes bricoleur, il existe des tas de tutoriels sur internet pour apprendre à fabriquer sa propre biofourche. Un moyen malin pour économiser quelques euros.
  • Le poids. Sur les modèles d’aerobeche à 5 dents, la masse de l’outil peut parfois dépasser les 5 kg ou s’en approcher fortement. Un poids qui, à la longue, peut devenir contraignant et induire une certaine fatigue musculaire. Surtout si votre lopin de terre est d’une surface significative.

Comment fonctionne une biofourche ?

L’utilisation d’une biofourche, intuitive à souhait, repose sur un double mouvement : planter puis tirer en rapprochant ses bras le plus près possible du corps. Toutefois, il s’agit de ne pas soulever l’outil verticalement une fois ce deuxième geste accompli. Cela risquerait de retourner la terre, ce qu’il faut justement éviter. Mais aussi, vu la masse d’une aerobeche, vous risqueriez de vous crever à coup sûr. Donc, pour sortir l’outil, simplement traînez-le vers l’arrière une fois que les deux manches sont au niveau de vos hanches. Pour plus de clarté, on vous propose de regardez cette vidéo particulièrement instructive :

Les autres questions que l’on peut se poser à propos d’une aerobeche

 

3, 4 ou 5 dents ? Un choix pas si cornélien que ça

La largeur entre deux dents est généralement de l’ordre de 10 cm. Plus votre biofourche est large, plus le travail abattu à chaque mouvement est important. Toutefois, ce qu’il faut regarder avec attention avant de choisir le nombre de dents, c’est la qualité de votre sol. Une belle terre travaillée depuis des années, meuble à l’envie, se travaille aisément. Vous pouvez donc opter pour une aerobeche avec une largeur importante. En revanche, si vous venez tout juste de lancer votre potager, que le travail du sol ne fait que commencer, reportez-vous de préférence vers de plus petits modèles.

En résumé : plus la largeur de la biofourche est faible et plus la terre sera facile à travailler. 

Par ailleurs, il faut considérer la force physique du jardinier. Au regard du poids de l’objet, il vaut mieux, pour une femme ou une personne âgée, opter pour une aerofourche moins lourde donc à 4 dents. Les hommes dans la force de l’âge peuvent se diriger vers une 5 dents. Enfin, une aerobeche à 3 dents doit être réservée pour les toutes petites surfaces.

Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que la largeur de travail d’une aerofourche est plus importante que son envergure : les dents aux extrémités de l’outil embarquent environ 5 cm de terre du côté extérieur, soit 10 cm supplémentaires. Ainsi, on peut considérer qu’une aerobeche à 4 dents vous permettra de travailler sur une bande de terre comprise entre 40 et 50 cm de largeur.

Peut-on se servir d’une aerobeche pour la récolte ?

Si vous cultivez des pommes de terre ou des carottes, votre aerobeche peut vraiment être très utile pour les ramasser. Pour ce faire, on vous conseille d’utiliser un modèle plutôt léger (4 dents) et de pratiquer le même mouvement que pour l’aération de votre sol. Vos tubercules devraient ainsi être sorties de terre en deux temps trois mouvements. Toujours en minimisant l’effort et en prévenant les maux de dos.

Comment remplacer une dent d’aerobeche ?

Eh bien, tout va dépendre du modèle… Certains permettent d’effectuer cette opération. Sur d’autres, les pointes étant fixées au corps de l’outil, c’est mission impossible. À moins de sortir sa disqueuse et son fer à souder… Concernant les aerofourches avec des dents interchangeables, le principe de remplacement est on ne peut plus simple : les pointes, fixées par un système de vis-écrou, se changent en deux tours de clé. On dévisse la dent abîmée et on revisse la neuve. 

Comment changer le manche de votre biofourche ?

Les efforts qui subissent les deux manches, par le biais de l’effet de levier, sont considérables. Bien que solides à souhait, il n’est pas impossible qu’un jour où l’autre ils finissent par céder. Pas de panique ! Et, surtout, ne jetez pas votre outil ! Il vous suffit d’enlever la vis de maintien au niveau de la structure métallique, d’acquérir un nouveau manche au diamètre adéquat dans le magasin de bricolage le plus proche de chez vous et de l’installer. Évidemment en remettant la vis. Et le tour est joué. 

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